Européennes : les paradoxes de l'abstention.
Par JG3089-GANDI le vendredi 22 mai 2009, 12:03 - Européennes - Lien permanent

A quelques jours bientôt du vote européen, l'ombre qui plane sur ce scrutin
est celle de l'abstention. Une ombre paradoxale car l' Europe est un horizon
commun, même pour ceux qui la critiquent, qui la dénigrent ou qui la
méprisent.
Horizon paradoxal car on l'accuse tout à la fois de ne rien faire et de trop
faire. Ce qu'on lui reproche au fond, c'est d'exister sans être connue, c'est
d'être là sans être visible. Pourtant, l'Europe est parmi nous et les pouvoirs
du Parlement européen s'étendent.
La question n'est pas de savoir si nous sommes pour ou contre l'Europe (Hitler
était pour l'Europe, à sa manière) mais quelle Europe nous voulons ? Les
média nous expliquent que l'Europe se vend mal, qu'elle parle mal, pire :
qu'elle ne parle pas la même langue, vice rédibitoire et incontournable. C'est
faux. La nation Suisse parle quatre langues, dont une mal connue, et elle
demeure ce laboratoire de démocratie que nos grandes nations méprisent.
L'Europe à construire n'est plus celle des nations (c'était l'enjeu du XIXe
siècle), mais celle des citoyens.
Malheureusement, ce scrutin m'incite à militer pour une région "Nord Ouest"
tout-à-fait artificielle et à ignorer l'engagement de citoyens européens en
Hollande, en Italie, au Portugal, en Irlande, en Estonie, en Slovénie et
ailleurs. C'est le paradoxe de ce rendez-vous de juin : transformer un
scrutin continental en une multitude de scrutins multirégionaux jusqu'à le
rendre illisible.
Qui aura à y gagner ?
Ceux pour qui l'Europe existe déjà à leur plus grand profit : les grands
groupes transnationaux qui se réjouissent de notre inappétence citoyenne. Et
les nationo-nostalgiques qui ne peuvent entendre qu'un horizon a vocation à
s'élargir sous peine de mourir.
Aller vers ce qui n'est pas moi, n'est-ce pas l'ambition d'une existence ?
Sinon à quoi bon ?
Voter ou mourir, citoyen, choisis ton camp. Et ne viens pas pleurer
le jour de tes funérailles. Ce sera sans fleurs ni couronnes, et il n'y aura
plus personne dans le cortège. Bien fait pour toi, et tant pis pour les
autres...

Commentaires
Bon, d'abord, Jean François, je suis un peu surpris que vous preniez la Suisse pour exemple...C'est un pays que j'apprécie beaucoup pour plein de raisons géographiques, mais venu de votre camp, ça me surprend un peu.
Eldorado financier, nain politique, j'aurais préféré que vous trouviez autre chose. Bon..
Vous affirmez que l'Europe à construire est celle des citoyens et non celle des Nations.Franchement, Jean François, quand vous écrivez ça, vous y croyez?. D'un coté des citoyens, atomisés, enrégimentés, nucléarisés (désolé), et de l'autre des ensembles qui ont des centaines d'années d'Histoire, de vie commune, pour le pire, certes, des fois, mais aussi, pour le meilleur..
Dernière chose. Vous militez pour la liste de Madame "je ne sais plus son nom" d'ailleurs, et de Stéphanie Taleb Tranchard, dans la région Nord Ouest..Tres bien.
Mais vous observerez tout de meme une chose, Jean François .
C'est quoi, "la région Nord Ouest," décidée par on ne sait qui?.
Ca veut dire quoi?
Je vous mets au défi(gentiment, bien sur) , dans un journal régional ou national de me montrer depuis ces derniers mois, ne serait ce qu'une seule carte de circonscription pour ces élections européennes?
Bien à vous, tout de meme.
"Voter ou mourir, citoyen, choisis ton camp. Et ne viens pas pleurer le jour de tes funérailles. "
Mais, qu'est ce que c'est que ce truc farfelu???
Heureusement que la présidence française à l'UE a émis et mis en place l'idée d'une Europe politique, parce que dis-donc, avec des récits comme ceux du dessus, il me paraît difficile de comprendre quoi que cela soit concernant les objectifs de l'UE.
Coridalement,
@leonardo
Nous sommes d'accord : l'Europe des nations existe, celle des citoyens européens non. Nous sommes aussi d'accord sur l'absolue non pertinence de ce découpage électoral en grandes régions qui n'évoque absolument rien pour personne. Un scrutin sur une unique circonscription nationale contredirait tout autant l'idée européenne, mais mobiliserait davantage les électeurs. Et proportionnelle pour proportionnelle, pourquoi un vote européen proportionnel pour des listes européennes. Utopique, je sais. Mais cela aurait au moins le mérite de nous contraindre à nous pencher sur ce qui se passe au delà de l'hexagone. Nos élus s'unissent ensuite au Parlement européen dans des "partis" à l'échelle européenne dont nous ignorons jusqu'à l'existence. Est-ce démocratique ?
@ Clô
Farfelu ? C'est une allusion au "vaincre ou mourir" des soldats de l'An II qui allaient mourir en espérant défendre la liberté, les droits de l'homme et toutes ces conneries. Sur votre allusion à la présidence française (Sarkozy ?) mettant en place "l'idée d'une Europe politique", je n'ai pas compris.
Cordialement à vous.
@jfguillou,
... Wouai, 'faut p'têtre arrêter de réfléchir dans le passé, et éviter aussi les amalgames confus ou rétrogrades entre vie et mort, liberté et répression, crise et révolution....
Quand on agit, "espérer", c'est bien, mais, "savoir", c'est beaucoup mieux...
La liberté et les droits de l'homme sont loin d 'être des conneries pour moi. Il en est pareil pour l'Europe dans ses objectifs.
Quant à la présidence française, pourquoi remettez-vous systématiquement le nom de SARKOZY à sa place?
SARKOZY a dit qu'il était "l'état", en revanche, il n'a pas dit (à ma connaissance) qu'il était aussi "la présidence française"...
Un peu de respect pour le travail en équipe et en union dont tous les français peuvent et doivent profiter au lieu de... mourir.
Cordialement,
Merci de votre réponse, Jean François.
Elle incarne assez bien pourquoi, de militant européen, j'ai basculé dans le national-républicanisme.En gros, parce que l'Europe, (à condition dans définir les contours, déja , pour commencer)est une idée, et que la Nation reste une réalité.
Réalité imparfaite, réalité génératrice de conflits , OK, mais réalité vivante.
Vous voyez, Jean François, il y a une dizaine d'années , était parue dans le Monde, une tribune demandant la fusion pure et simple de la France et de l'Allemagne.Un chef d'état, une chambre basse, une chambre haute, une seule Nation, d'autant plus symbolique par l'histoire commune de nos 2 pays.
Un projet, qu'on peut contester, certes, mais qui méritait débat à l'époque.
Elle est parue cette tribune, et après, rien...
Là, j'ai compris.
De cette Europe extensible à l'infini, on ne souhaite que faire une zone de Libre échange, un espèce de Commonwealth avec quelques pions américanocentrés chargés de nous remettre dans le droit chemin si , jamais, il nous arrivait de dériver.
Donc voila..
Pas de société européenne, pas d'élite politique européenne, juste un verbiage échangiste et des projets entre Etats qui se seraient bien passés de cette super-structure appelée Union Européenne.
PS/ Quant à la division en faux Lander artificiels, c'est du Total n'importe quoi.
Je me souviens de cette tribune du Monde. J'ai comme vous attendu des réactions. Et elles ne sont pas venues. J'en ai parlé autour de moi et je n'ai rencontré qu'hostilité ou incompréhension. Malgré tout, je demeure un jacobin défroqué. Comprenne qui pourra. Je suis irrémédiablement français, par naissance, mais un peu comme Marc Bloch le disait de ses origines juives, je n'en tire aucune gloire. Je le suis, c'est un fait. Comme d'autres sont allemands ou slovènes.
... "Vous n'en tirez aucune gloire"? Eh bien vous devriez pourtant! Au moins de la fierté en tout cas, quand on sait que la fierté nécessite aussi de l'humilité. On parle d'Europe n'est-ce pas?
Il n'y aucun paradoxe qui ne soit pas compréhensibles actuellement.
Vu de l'extérieur, être français contient la nationalité et le patriotisme par la culture principalement et entre autres.
Ceci n'a donc rien à voir avec quelconques origines, quelles qu'elles soient: génétiques et religieuses.
Ne mélangez pas tout jf, sinon, ne parlez pas de paradoxes.
Vous êtes français, et vous devriez en tirez une gloire ou bien une fierté parce que ce sentiment là permet aussi à la laïcité de s'ériger au niveau républicain!
ET CE FAIT EST UNE GLOIRE POUR LA FRANCE! 8-)
"J'en ai parlé autour de moi et je n'ai rencontré qu'hostilité ou incompréhension."
Hum! A croire que vous n'en parlez pas aux bonnes personnes... ou bien, serait-ce que vous n'en parlez pas de la bonne manière? 8-)
Je vous taquine un peu bien-sûr!
Il fallait bien que je trouve ma place dans votre conversation avec Leonardo, afin de représenter tout ce qui reste sur le carreau (incompréhension) et tout ce qui n'est pas considéré. (Hostilité)
Cordialement,
Chère Clô
Il y a toujours un peu d'animosité dans vos réponses (celles qui me sont destinées). Je ne vais pas raconter ma vie ici, mais pour ce qui est d'avoir servi la France, je l'ai fait. En portant les couleurs de l'équipe de France il y a bien longtemps et je crois bien lui avoir apporté quelques médailles. C'était bien modeste, et j'étais encore adolescent, mais j'en suis fier, c'est vrai (ma présence à Rouen est due à un certain Guy Boissière, dont je salue la mémoire parce qu'il fut un peu mon deuxième père dans les années 70). Ensuite en donnant une année de ma vie au drapeau, qui me fit officier de réserve de l'armée de l'air. Enfin en consacrant mes années d'étude à essayer de "comprendre la Révolution française" avec Albert Soboul à la Sorbonne. D'où ce "vaincre ou mourir" que vous n'avez pas aimé. Lorsque j'écris, en citant Marc Bloch, qui est la référence ultime de l'humanisme et qui est mort fusillé par les Nazis en tenant la main d'un gosse de 16 ans qui allait mourir avec lui.. lorsque j'écris que je ne tire aucune fierté d'être français, je ne dénigre pas la France, mais j'indique simplement que je ne suis pour rien dans cet état de fait. J'aurais pu naître anglais. Aurais-je dû en avoir honte ? Si vous préférez, je pourrais dire que je n'en tire aucune vanité. Cela vous convient-il mieux ? C'est en tout cas ce que voulait dire Marc Bloch en serrant la main de ce gosse, devant le peloton d'exécution, qui lui demandait : "ça va faire mal, monsieur ?". Et Marc Bloch lui répondant : "Mais non, ça ne fait pas mal." Connaissez-vous Marc Bloch, Clô ? Le plus grand historien français pourtant. Livré par Vichy aux Allemands parce qu'il était juif, et mort en français, dignement, sans fierté particulière, et surtout sans haine.
Un dernier mot à propos de la laïcité : je la défends tous les jours dans mon métier. Et je crois que ceux qui m'écoutent le savent.
Non, ce n'est pas de l'animosité! Mais bien de l'agacement impatient et de la provocation pour ponctuellement restituer les choses dans un ordre qui n'est pas le votre absolu. Tout simplement!
Moi, je ne vous parle pas de M.BLOCH mais bien du fait que vous vous servez de ses propos pour vous construire quelque chose qui reste à l'ombre de tout, mais qui parle pour tout le monde!
Vous parliez d'origines et de gloire, et moi, je vous ai répondu par une autre définition de l'identité française! Je ne vois pas ce que M.BLOCH vient faire de plus dans cette conversation?
Pour ce qui est de cet homme, j'ai été brièvement lire l'article plus ou moins précis de WIKIPEDIA le concernant.
De plus, excusez-moi d'être jeune et de vivre avec les vivants! Des charismes et des talents, y'en a plein la France aujourd'hui... Pas toujours besoin d'aller puiser dans les ressources de la mort pour en trouver.
Mais, ne distordez pas systématiquement les conversations vers quelque chose d'épineux et d'inutile qui tendrait à faire croire qu'il n'y a que vous qui savez ce que sont le respect de l'histoire et je ne sais quelles autres valeurs qui vous tiennent à coeur!
C'est exactement ce sentiment que vous osez qui peut être agaçant quand on vous lis! Et alors là, quand vous parlez de l'Europe, c'est l'apothéose! "Franchement, ça fout les boules!"
Du coup, ce n'est pas parce qu'on ose défier vos points de vue, qui sur certains sujets, ne rencontrent que, incompréhension et hostilité, selon vos dires, que vous devez absolument vous étriquer au point de penser et dire que je remets (à mon tour) votre personne entière en question dans ses qualités que vous connaissez mieux que moi.
Donc, non à l'Europe des sacrifices, non à l'Europe des martyrs! Non à l'Europe de l'histoire, et oui à l'Europe des européens, oui à l'Europe politique, ouverte, où chaque pays y sera bien dans ses basks', où chaque patriote sera bien dans la nation qu'il représente!
Par là, je n'ai sûrement pas l'intention de remettre quoique cela soit en question "chez vous", si cela n'est moi-même par mes points de vue! CQFD!
Estimez-vous plutôt averti au lieu de toujours vouloir ramener la couverture à vous ou à vos idéologies "globalisantes"! Arf!
Et enfin, sachez quand même que ma cordialité n'est pas hypocrite et qu'il serait tant que vous vous en rendiez compte depuis "les lustres" que j'écris sur votre blog!
Donc, là encore, au lieu de me parler d'animosité (ce qui est agressant) en lisant entre les lignes, occupez-vous plutôt de lire ce qui est écrit, et de vous en tenir pour y répondre. C'est aussi simple que ça! 8-)
Bien à vous,
Merci Clô de votre fidélité sur ce blog. Je ne partage pas votre "non à l'Europe de l'histoire". Pour le reste, chacun a parlé.
Merci jf, de l'espace web que vous entretenez pour faciliter le dialogue. (Terrain d'entente malgré la mésentente!)
Une petite précision tout de même, puisque je vois que vous jouez rapidement avec les nuances vous aussi:
Quand j'ai écrit "non, à l'Europe de l'histoire": je sous-entends par rapport à vos commentaires: "non à l'Europe du passé au présent, et non à l'Europe des histoires qui créent l'immobilisme!"
Une nuance que je précise car cela me dérangerait d'être comprise à injuste valeur par qui tombe sur votre propos!
Pour le reste, je ne comprends pas bien ce que peut vouloir dire votre: « chacun a parlé »?! Donc, je rajoute, "et chacun parlera!"