Un rapport de la FAO daté de 1999 montrait que 2/3 des ménages urbains et périurbains étaient engagés dans des activités agricoles. Il convient toutefois de préciser de quoi l'on parle exactement et d'exclure du propos l'agriculture périurbaine (horticulture ou élevage intensifs pratiqués dans des exploitations commerciales). L'agriculture urbaine proprement dite, selon la définition proposée par la FAO, "se réfère à des petites surfaces (par exemple, terrains vagues, jardins, vergers, balcons, récipients divers) utilisées en ville pour cultiver quelques plantes et élever de petits animaux et des vaches laitières en vue de la consommation du ménage ou des ventes de proximité. "
La situation est également différente selon que l'on parle de l'AU dans les pays du Sud, où elle constitue souvent un moyen vital de subsistance, et les pays du Nord où sa pratique est moins directement liée à l'impératif alimentaire (même s'il ne faut pas totalement exclure cette donnée) et relève aussi de la recherche du lien social, de la convivialité, et dans une certaine mesure d'un effet de société : valorisation des productions dites "biologiques" ou "artisanales", mise en avant du "terroir". Mais dans les deux cas, l'AU permet de repenser les enjeux de ce qui se matérialise dans un paysage urbain, ce qu'il nous dit de nos pratiques et de nos valeurs. Evoquer la réintroduction de l'agriculture dans la ville, penser que les urbains puissent se réapproprier un savoir perdu, c'est imaginer l'espace urbain de demain. Certains urbanistes l'ont déjà compris. Certaines agglomérations l'inscrivent déjà dans leur politique de la ville (voir le cas de Lille).

(à suivre...)
FAO 1999
Encyclopédie de l'Agora
Le cas du jardinage biologique communautaire au Québec et au Mexique
Jardins urbains à Caracas