Mai 68 : la récréation est terminée.
Par JG3089-GANDI le mercredi 28 mai 2008, 11:16 - Le billet de l'actualité - Lien permanent

Mai 1968-Mai 2008 : les "commémorations" s'achèvent. Les anciens combattants sont rangés des voitures. Les jeunes n'ont pas bien compris de quoi papy causait. Mais subsiste un imaginaire plus réel que la réalité : des slogans, des affiches. Pour le reste : "Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée", Perrette s'en revient à la maison le pot vide et la bourse plate en pleurant ses châteaux envolés. Sous les pavés, le sable...

Commentaires
Quelque part, quelqu'un rappelait récemment sur un blog (j'ai oublié lequel) que parmi les slogans de mai 68, on lisait celui-là : Ne travaillez jamais...
Bonne journée
@ Jean-Pierre
Mauvaise idée (de fils de bourgeois oisif produit glorieux du baby boom). Le travail peut aliéner, mais il est aussi libérateur. On peut bien sûr renvoyer à la Bible et au péché originel : le travail comme expiation, mais j'en propose une autre lecture : le travail comme prix de la liberté. Vous devriez être d'accord avec moi sur ce point :-)
Bon, je retourne à mes copies, merci pour l'intermède.
@ Jean-François
D'accord, mais ce n'est toujours du passé. Il y a quelques années (l'année du CPE ?) le lycée Saint-Saëns était bloqué par les trublions habituels. Ils avaient composé une banderole sur carton où on lisait : « Ne devenons pas de la chaire (sic) à patrons ». Je vous accorde que ce n'est pas tout à fait la même chose mais on est quand même dans le même registre...
Je pourrais en dire pas mal sur le « travail » à travers mon parcours personnel, mais ce n'est pas le lieu ici...
Bien cordialement
@ Jean-Pierre
Je n'aime pas trop les oisifs parce que derrière cette façade débonnaire, il y a souvent de l'égoïsme. Mais tout dépend de la représentation du oisif qu'on en a. Par exemple je ne considère pas un chômeur comme un oisif. En ce qui concerne le travail, j'ai relu récemment le passage du texte de Proudhon où il propose sa fameuse formule "la propriété, c'est le vol". Ce slogan est souvent mal compris. Proudhon distingue "possession" et "propriété" : la possession, c'est ce qu'on possède légitimement du fait de son travail; la propriété, c'est ce qu'on s'est illégitimement approprié sans avoir travaillé pour le mériter. Au fond, il ne fait que reprendre une argumentation utilisée par la bourgeoisie contre l'aristocratie au XVIIIe siècle : l'opposition du travail à la naissance. La bourgeoisie pour sa part a fait découler le droit à la propriété du travail, mais ensuite s'est posée la question du capital. Est-ce encore moi qui travaille lorsque mon capital travaille ou que je fais travailler d'autres pour accroître mon capital ? Le socialisme est né de cette interrogation (le marxisme en tout cas).
Quant à mai 1968 enfin, il fut fait par les heureux enfants du baby boom. La génération 2008 peut bien reprendre les slogans mais la situation sociale et économique a radicalement changé. Que des trublions viennent s'agiter les jours de grève devant un lycée de centre ville, c'est la règle, même s'il m'est arrivé un jour d'avoir un échange assez vif avec l'un d'eux (drapé dans une dignité révolutionnaire tout récemment découverte)... La vérité, c'est qu'ils ne seront pas de la "chair(e) à patrons" pour la bonne raison que les patrons n'en voudront pas. On est toujours en retard d'une révolution. D'où ma remarque à propos du sable où les grands fleuves viennent mourir.
Cordialement à vous