C'est l'automne !
Par JG3089-GANDI le vendredi 26 septembre 2008, 00:01 - Le billet de l'actualité - Lien permanent

Curieusement l'époque où les humains sont censés déborder d'énergie et de
projets après un été revigorant. Les plantes ont une autre approche de la
question et se préparent pour l'hiver. Serions-nous une espèce
dénaturée ? Ceux qui ont cliqué sur le lien comprendront la
suite : de Vercors à Montaigne, il y est toujours question de l'humain, de
Rouen et des cannibales : ici.
Et pour ceux qui définitivement ne cliqueraient pas, je propose l'extrait de
Montaigne (c'était à l'époque des guerres de religions, contexte que nous ne
pouvons plus guère entendre, nous qui vivons en des temps si paisibles et sous
la règle des droits de l'espèce qui est la nôtre) :
"Trois d'entre eux, ignorans combien couttera un jour à leur repos, et à leur bon heur, la cognoissance des corruptions de deçà, et que de ce commerce naistra leur ruine, comme je presuppose qu'elle soit des-ja avancée (bien miserables de s'estre laissez pipper au desir de la nouvelleté, et avoir quitté la douceur de leur ciel, pour venir voir le nostre) furent à Roüan, du temps que le feu Roy Charles neufiesme y estoit : le Roy parla à eux long temps, on leur fit voir nostre façon, nostre pompe, la forme d'une belle ville : apres cela, quelqu'un en demanda leur advis, et voulut sçavoir d'eux, ce qu'ils y avoient trouvé de plus admirable : ils respondirent trois choses, dont j'ay perdu la troisiesme, et en suis bien marry ; mais j'en ay encore deux en memoire. Ils dirent qu'ils trouvoient en premier lieu fort estrange, que tant de grands hommes portans barbe, forts et armez, qui estoient autour du Roy (il est vray-semblable qu'ils parloient des Suisses de sa garde) se soubmissent à obeir à un enfant, et qu'on ne choisissoit plustost quelqu'un d'entre eux pour commander : Secondement (ils ont une façon de leur langage telle qu'ils nomment les hommes, moitié les uns des autres) qu'ils avoyent apperceu qu'il y avoit parmy nous des hommes pleins et gorgez de toutes sortes de commoditez, et que leurs moitiez estoient mendians à leurs portes, décharnez de faim et de pauvreté ; et trouvoient estrange comme ces moitiez icy necessiteuses, pouvoient souffrir une telle injustice, qu'ils ne prinsent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons."

Commentaires
Evidemment je ne lis pas le "françois" aussi vite que le français contemporain, mais il me semble avoir compris l'essentiel de votre message, à travers celui de Michel. Michel était d'ailleurs pote avec Étienne dont on peut lire encore aujourd'hui le célèbre Discours sur la servitude volontaire.
S'agissant de la question Sommes-nous une espèce dénaturée, on peut répondre par oui et par non. (et pourtant je ne suis pas natif de Normandie). Non, car nous restons des animaux. Des animaux sociaux, quoiqu'en disent nos idéaux révolutionnaires.
Oui, nous tendons à la dénaturation, car nous voulons nier notre condition d'animaux. Nous la nions en disant que nous sommes différents des animaux car nous avons un langage. Pour ce que j'en sais, les animaux communiquent très bien entre eux et il me semble bien constater que chaque espèce dispose de son propre langage. Nous la nions en nous éloignant chaque jour un peu plus de la nature, celle qui vit aux rythmes des saisons. Je me souviens d'un chanteur (dont j'ai oublié le nom) qui chantait : « On dirait qu'ça t'gène de marcher dans la boue ». Une de vos voisines, jf, pourtant cultivée, est même persuadée qu'en plus des règnes animal, végétal et minéral, on doit ajouter le règne homminal, car pour elle, il est entendu que nous sommes différents des animaux et qu'on ne mélange pas des torchons et serviettes. La dénaturation commence ici... Bon, je dis ça, je ne suis pas prof de philo non plus. :-)
Bonne journée.