Café citoyen : Culture et espace public.
Par autrement le vendredi 31 octobre 2008, 09:57 - Cafés citoyens - Lien permanent
Café citoyen du 8 octobre 2008 : Culture et espace public

Animé par Michel Linden, le café citoyen d'octobre réunissait des
Mont-Saint-Aignanais autour du thème "Culture et espace public".
Fabienne Fendrich, architecte et paysagiste, enseignante à l'Ecole
d'Architecture de Rouen, était invitée à intervenir pour l'occasion. Loin de
toute polémique sur la création ou l'extension d'un lieu culturel, Fabienne
Fendrich nous proposait de nous interroger plus largement sur le lien existant
entre architecture et paysage. Une définition était donnée de l'espace
public : lieu de passage de tous (une rue, une place, un parvis, une
esplanade), révélateur de la société avec sa culture au sens large. Un lieu de
vie, de confrontation des personnes, d'échanges aussi. L'espace public
s'inscrit dans le temps. A la fois pratique et fonctionnel, il sait s'adapter à
l'existant pour le dépasser. Son usage est actuel mais aussi futur. L'espace
public évolue au gré des époques. Au XXe siècle, l'espace public est
indéterminé, alors qu'auparavant il s'inscrivait dans la poursuite d'un but
précis (la place Stanislas à Nancy, les quartiers haussmanniens à Paris, dictés
par l'hygiénisme).
Le tout-voiture n'est pas pour rien dans cette indétermination. Actuellement, on semble revenir à plus de mesure (zones 30 etc.), une mutation s'opère. Le rôle et les fonctions de l'espace public changent avec le temps, mais il conserve la même signification dans notre imaginaire : entre le collectif et le privé, il nous apprend à nous situer. L'espace public concerne autant les matériaux employés, que la place de l'homme, le confort, le rapport soleil-pluie, le respect du public. Sa dynamique est à la fois sociale, esthétique, et poétique. C'est sous cet angle que Fabienne Fendrich conçoit les choses : la préférence des vides, aux remplissages pratiqués le plus souvent. Une manière de voir favorisant la spontanéité, la libre-expression, les rencontres, voire des mouvements comme les flash mobs (mobilisations éclairs) ou les free hugs (accolades gratuites). Et à Mont Saint Aignan ? Les citoyens sont amenés à prendre la parole et constatent rapidement, que l'espace public s'inscrit surtout autour des zones commerciales et des emplacements pour voitures. Ainsi, les quartiers, surtout résidentiels, s'animent le plus souvent autour des commerces de la place Colbert ou des Coquets. Les gens s'y rendent essentiellement en voiture et ces espaces font la part (trop) belle aux parking et à la circulation. La ville semble s'être construite autour du minéral, dans une logique "de courants d'air" (stratégie impersonnelle de la modulation), peu propice aux rencontres, aux mélanges. Le climat lui-même entre en ligne de compte, de même que la population. Les villes du sud seraient nécessairement plus chaleureuses et attractives, moins soumises au départ des habitants l'été. Ce à quoi il est rétorqué, qu'il existe des lieux particulièrement fréquentés et agréables à vivre à Mont-Saint-Aignan - notamment l'été - comme le jardin des compagnons ou le parc du village. En revanche, chacun s'accorde à dire que l'on peine à situer la ville et les lieux "d'origine" ; de même que la culture proprement dite. Sur ce dernier point deux conceptions semblent s'opposer (alors qu'elles ne sont pas forcément incompatibles). Certains proposant des lieux culturels identifiables et conséquents (une place rassemblant les gens, un pôle culturel), d'autres privilégiant la circulation des gens et de la culture "en réseau", loin des schémas classiques, voire nostalgiques. Le débat s'inscrit alors dans une opposition entre l'institutionnel d'une part, qui relèverait plus de la marque du politique (pour ses détracteurs) et le spontané, l'événementiel (l'art comme prise de possession) d'autre part. Et si, en conclusion, la solution ne serait pas de trouver des moyens de faire circuler les individus dans des espaces attractifs, par des modes de déplacement doux. Des espaces naturels et conviviaux au coeur de la ville ? C'est sur l'idée d'inventer une nouvelle urbanité, une ville soutenable et durable, que ce termine ce débat citoyen d'octobre à l'As des Coquets.
Bibliographie :
BREDA, faire la ville durable - Ariella Masboungi - (Le
Moniteur)
Espace urbain - Vocabulaire et morphologie - Bernard Gauthiez (Le
Patrimoine)
Prochains cafés citoyens à l'As des
Coquets :
5 novembre: Le vélo à Mont Saint Aignan.
3 décembre: Les AMAP.

Commentaires
Bonjour,
Merci pour votre attention.
André HATTE.
---------------------
J'ai mis en ligne le 2 Avril un blog cinéma donnant une "méthode de lecture" d'un film.
Le lancement a été fait avec le "Gran Torino" de Clint Eastwood. Si vous n'avez pas vu le film,ce serait mieux de ne pas lire. Si vous l'avez vu, cela vous donnera peut être l'envie de le voir une seconde fois.
N'hésitez pas à diffuser largement le lien de ce blog, et à en faire des commentaires.
http://le-cinema-autrement.over-blo...
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André HATTE.
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