Le vélo à Mont-Saint-Aignan
Par autrement le mardi 2 décembre 2008, 15:05 - Cafés citoyens - Lien permanent
Compte rendu du café citoyen du 5 novembre 2008.
Quelle place pour le vélo à Mont-Saint-Aignan ?

C'est pour tenter de répondre ensemble à cette question que des
Mont-Saint-Aignanais (dont réseau SABINE, Fac Verte) se sont réunis le 5 novembre
dernier à l'AS des Coquets, autour de Pascal MAGOAROU, vice-président de
l'Agglomération chargé de l'environnement.
Membre de l'association Demain Autrement, Pascal MAGOAROU, avait fait les
choses en grand : projection de photos des divers aménagements existants
dans l'agglomération et plus particulièrement dans la ville.
Cyclistes du dimanche, de tous les jours, ou militants associatifs, nombreux
étaient les citoyens appelés à s'exprimer librement - Michel LINDEN, qui
animait le débat, soulignant au passage, qu'il ne s'agissait pas là de faire un
comité de quartier autour des élus. Le constat était simple : le vélo,
c'est bon pour la santé, ça contribue à protéger l'environnement, c'est pas
cher (400 euros/an contre 6000 pour une voiture). En plus, son usage est en
constante augmentation.
Point de départ : le plan actuel des aménagements cyclables sur
l'Agglo.
Le but étant de montrer l'existant, les projets, et de se demander comment
faire plus et mieux, avec quels types d'aménagements et quelles modalités
?
Les aménagements existants:
On s'aperçoit que Mont Saint Aignan n'est pas si mal desservi, avec une
couverture relativement dense en pistes cyclables. Pour autant, l'impression
générale sur Mont-Saint-Aignan reste l'absence de logique, de continuité,
d'homogénéité. L'association SABINE fait remarquer que ce plan distingue peu
les types de voies (partagées, réservées, sur la route ou sur le trottoir, en
couleur ou pas etc...). L'initiative (le plan existe sous forme de dépliant
distribué par l'Agglo) étant tout de même accueillie comme une première.

Agglovelo.pdf
Il est vrai que la piste cyclable reste un concept flou et mal défini :
ainsi en faisant un petit parcours virtuel à partir des photos présentées, on
part du vaste projet spécifique le long de la quatre voies entre
Mont-Saint-Aignan et Maromme (en cours de réalisation) pour emprunter par la
suite une simple bande cyclable boulevard Siegfried et se retrouver peut-être
pour finir, sur une portion de trottoir.

Enfin, pour descendre sur Rouen (et remonter ensuite ...), l'interrogation
persiste : quel chemin emprunter (une pente pas trop forte, une distance
raisonnable, avec une place suffisante pour les vélos) ? Il y a bien la
solution de mettre son vélo dans le bus (le 4), mais la manip reste délicate en
terme de place et d'horaire (c'est autorisé, mais pas aux heures d'affluence,
quand on va à la fac ou sur la Vatine !)
Comment faire mieux ?
Nombreux sont les gens à pointer les situations qu'ils connaissent
bien : la sécurité sur la piste cyclable le long de la deux fois deux
voies (le contraste est grand entre cette voie rapide et fréquentée et les
modestes cyclistes qui circulent en bordure ).
Des questions restent en suspens : quid des bretelles de sortie,
des passages de ronds points (un pont va être construit pour accéder au centre
de loisir) ? On peut d'ailleurs remarquer l'exemplarité de l'aménagement
de l'avenue de l'Europe pour aller sur Bois-Guillaume (deux fois une voie pour
les voitures, et une large piste cyclable dans les deux sens).

La diversité des cyclistes (les lièvres et les tortues ...) qui se déplacent à
plus ou moins vive allure en fonction de leur âge, leurs préoccupations, leurs
buts, doit être prise en considération. Ainsi l'aménagement sur le trottoir est
peu adapté au cycliste rapide ou sportif. Empiétant sur un aménagement
piétonnier par nature, ces aménagements sont mal venus, ils inquiètent les
passants et privilégient les voitures. Il est aisé de constater qu'une voie
cyclable sur site propre (idéalement d'une largeur de 1,75 m, sans bordure
amovible et en couleur, comme elles peuvent exister en Europe du Nord par
exemple) est préférable.
A ce titre, les simples bandes en bord de route (voies partagées) sont
méconnues des automobilistes et peu visibles. De même que le " coussin berlinois" (route
de Maromme par exemple) est préférable au dos d'âne classique, qui ralentit les
voitures, mais gêne la circulation des vélos.
Enfin, les pavés pour les vélos, semblent à proscrire (piste de l'avenue du
Mont aux malades), ainsi que les pistes cyclables comportant des bordures en
caoutchouc (comme vers la gare de Rouen) qui se détériorent vite et sont
dangereuses.
Faire encore mieux !
Au delà des critiques, des suggestions simples ont été formulées. Sans
brandir, comme SABINE le
Code de la rue tel qu'il existe déjà en Belgique, chacun constate qu'il
faut redonner sa place au vélo dans la ville, favoriser son développement et
"désintoxiquer" les gens à la voiture.
L'intermodalité
est le maître-mot : permettre un accès plus aisé des vélos dans les bus,
dans le TEOR, voire dans des autobus spécifiques, afin de faciliter les
déplacements domicile-travail et domicile-loisirs, en partant du bas de la
ville notamment (quartier Saint-André, Gare...). A ce sujet une étude est en
cours pour permettre un accès - officiel - des pistes du TEOR aux cyclistes
(comme c'est le cas rue Victor Hugo à Rouen). De même que devrait se
généraliser dès 2010, la possibilité pour les vélos de prendre - en toute
sécurité - les sens interdits.

Mais dès 2009, des stations-vélo (parkings sécurisés) vont être installées aux
endroits stratégiques (à côté du terminus TEOR à Mont-Saint-Aignan). Enfin
l'expérience de la location de vélos électriques, pliants et classiques sera
pérennisée et étendue. Dès janvier 2009, l’espace mobilité de l’agglo ouvre
dans le bas de la rue Jeanne d’Arc, où des conseils seront prodigués et les
vélos pourront être loués et réparés. Une initiative privilégiant la location
longue durée, complémentaire au Cyclic, jugé très "publicitaire".
Chacun convient finalement qu'un véritable plan de déplacement et de mobilité
est nécessaire sur Mont-Saint-Aignan et l'Agglo.
Un élu fait remarquer que cela nécessite des investissements, même si ce coût
est raisonnable : diminution des nuisances (pollution, bruit, accidents)
et relative modicité du prix des aménagements.

Commentaires
Les petites bandes blanches (voies partagées), à mon sens, c'est du fric foutu en l'air...
J'ai des sueurs froides restrospectives d'avoir monté à vélo l'avenue Galliéni et d'avoir emprunté la rue du Champ-des-Oiseaux pour remonter de Rouen... J'ai fini par laisser le vélo au garage...
Je confirme que la remontée depuis Rouen à vélo est sportive, mais pas forcément dans le sens où on l'entend généralement ! L'avenue gallieni semble pourtant être la seule rue empruntable (les autres sont très raides ou très longues) pour se rendre sur le plateau de MS Aignan à vélo. Elle est malheureusement étroite et très empruntée par les voitures, souvent à vive allure. L'établissement de pistes cyclables bien délimitées avec des trottoirs, permettrait assurément de réduire le trafic auto, au profit des modes de transports plus doux (notamment les vélos électriques bientôt mis à disposition des gens).
Un autre point dangereux : l'accès depuis MS Aignan à la forêt verte : c'est pourtant à côté en partant de la Vatine. Dommage la piste cyclable, file par la droite sur Bois Guillaume par la 2 fois 2 voies, alors qu'il est possible d'y aller tout droit en passant devant le centre équestre, sans qu'aucune portion ne soit mentionnée cyclable - Une telle piste pourrait déservir, le centre équestre, la forêt verte .. et le futur parc écologique du Bel Event, qui sait ?
Que de chiffres, de moyennes, de pourcentages (...) pour démontrer
que faire du vélo : c'est super. Il n'y a qu'à aller en semaine à Amsterdam
pour les voir tous pédaler. Vers leurs lieux de travail, le retour chez eux le
soir, en costumes ou en tenues légères !
Ni la largeur millimétrée des voies, ni le type de revêtement n'empêchent
les peuplades nordiques de déambuler à vélo ?
Un peu de réalisme : coordonnez les tracés, que l'on puisse se déplacer ...
@ jean-marie yaka voyageur
Très cher ami, j'étais il y a peu dans votre posture : soyez réaliste, coordonnez, faites en sorte que... etc. Puis je me retrouva élu (yaka) et fort dépourvu. Je me demanda pourquoi. Je me frotta le front et m'étonna de pourquoi l'onction miraculeuse des yaka ne m'avait pas rendu roi miraculeux guérisseur des écrouelles et des fistules. C'était pourtant le moins que j'espéra de la sainte ferveur du peuple. Je croyais au miracle des urnes et au dieu des sincères. Las, très cher ami, que découvra-je au contraire ? Que je n'étais que le valet du peuple qui lui se croyait roi et se mettait à me parler comme Loyis le quatorzième devant Versailles à construire : "coordonnez les tracés, que l'on puisse se déplacer".
Certainement, Monseigneur Jean-Marie, nous ferons comme il vous plaira, puisque tel est votre BON PLAISIR.
On peut DEJA se déplacer à vélo à Mont Saint Aignan > yaka .. pédaler -
Non, blague à part, avant de se référer (c'est tentant et facile) aux pays nordiques, il faut agir soi-même au plan local -
Tiens, j'ai testé pour vous : remonter de Rouen à Mont Saint Aignan le soir en ... empruntant le bus. Car ce problème est particulier et - sauf erreur - on ne le rencontre pas à Amsterdam !
J'avais choisi un horaire tardif et une ligne séduisante : la ligne T1 du TEOR, avant Boulingrin : un bus immense, rapide, peu fréquenté à cette heure. J'entre naïvement (?) avec ma chère bicyclette. Les portes se referment... Et paf, non, déception, le chauffeur me gueule "PAS DE VELO !" - J'en suis quitte pour remonter en poussant mon vélo (ça réchauffe, tu me diras).
Renseignement pris auprès du la TCAR :
"La TCAR teste sur les lignes 4 et 7 un nouveau dispositif visant à permettre aux vélos de monter dans les bus au niveau de l'espace réservé aux personnes en fauteuil roulant.
Une enquête sera réalisée dans le même temps auprès des voyageurs, conducteurs et utilisateurs pour leur permettre de s'exprimer sur ce nouveau service.
Bien entendu, les personnes en fauteuils roulants restent prioritaires, qu'elles soient installées dans le bus lors de la montée du vélo ou qu'elles montent dans le bus au cours du trajet"
Moi, je dis : c'est bien ... mais pas suffisant !
Pour info j'avais déjà testé le vélo sur les couloirs du TEOR : c'est interdit aussi... (d'ailleurs, c'est très dangereux aux carrefours, la signalétique est particulière et peu compréhensible) -
Merci beaucoup pour les retours "d'expériences". C'était aussi le but du café citoyen de novembre dernier. Vos témoignages sont très utiles pour améliorer la situation existante.
Vous avez raison d'insister sur le besoin d'intermodalité bus-vélo. Nous devons travailler sur cet aspect essentiel, surtout là où il y a des côtes comme entre Rouen et Mont-Saint Aignan.
Plusieurs axes:
- développer la possibilité de mettre son vélo dans le bus. Il y en a de plus en plus sur les lignes 4 et 7 pour la remontée sur le plateau nord. Il faut effectivement développer le dispositif sur d'autres lignes.
- faciliter l'usage et le parking du vélo entre son domicile et l'arrêt de bus. Près de la chaufferie et du terminus TEOR, un parking fermé et sécurisé de 40 places de vélos, accessible avec un abonnement TCAR, va être mis en place d'ici l'été prochain
- avec un vélo pliant, on peut monter dans tous les transports en commun.
Autre solution pour les côtes: le vélo à assistance électrique. Essayez ceux qui sont en location depuis le 19 janvier à l'agglo. Vous serez étonné et certainement séduit
. http://www.agglo-rouennaise.fr/inde...
La comparaison avec Amsterdam n'est effectivement pas pertinente. Là-bas, c'est tout plat et il me semble qu'il est interdit de monter dans les transports en commun avec son vélo.
Quand à l'utilisation des voies TEOR par les vélos, c'est interdit à cause du système de guidage optique des bus avant les arrêts.Le chauffeur du bus ne maîtrise plus son véhicule, lâche même le volant, le guidage automatique permettant de coller au plus près du quai, pour notamment faciliter l'accès des personnes à mobilité réduite. Ceci dit il y a du guidage optique sur des axes partagés, comme par exemple route de Darnétal... Un autre point à étudier de plus près, avec également, comme vous l'indiquez, le problème de la signalétique sur les voies TEOR.
Bien à vous
Pascal Magoarou
Cela fait un petit moment que je suis cycliste à Mont Saint Aignan et alentours. Un petit point négatif à soulever, la rue de la mairie, rue Louis PASTEUR que j'emprunte pour descendre sur ROUEN est particulièrement dangereuse pour nous cyclistes. Le revêtement est très abimé et pour pouvoir rouler, il est plus facile d'être au milieu de la chaussée, ce qui au niveau sécurité n'est pas sans poser problème.
Voilà, je suis un peu désolée de n'écrire que pour me plaindre, donc je peux ajouter que mes autres trajets habituels : place colbert, coquets ou village se passent bien plus agréablement, même si je prends souvent les lignes TEOR, ce qui est mal, mais je le sais !
Bonne lecture.
@Jean-Marie et Pascal.M,
Je serais bien d'accord sur le fait qu'il faut évoluer dans notre mentalité française. Refuser l'enfermement qui se reflète à travers tout ce que nous faisons. Ex: Le réseau vélo!
Et s'ouvrir sur certaines idées des hollandais pour cela me semble très pertinent et ambitieux! 8-)
A Amsterdam, les vélos n'ont pas besoin de monter dans les bus, ni dans les trams. Comme vous l'avez mentionné, tout est petit, plat ou presque, mais, ceci n'est plus une cause en soi depuis longtemps.
Leurs trajets sont incomparables aux nôtres. Et les distances ne se mesurent absolument pas de la même manière! La ville est animée jour et nuit. Le vélo est vu comme un gain de temps, et un plaisir à la fois, seul ou à plusieurs!
La mentalité est différente. Les hollandais font du vélo très tôt sur le porte bagage de leurs parents quand ils sont bébés. Les copains, les copines, les amoureux se portent mutuellement sur un seul vélo, qu'il soit pourri ou pas d'ailleurs ce vélo! (Le vol et aussi une réalité là-bas, et bien plus que chez nous...)
Le vélo là-bas, c'est plus qu'un vélo! C'est le bonheur, le plaisir, la famille, l'amitié, l'amour, l'indépendance et le sport aussi! C'est tout ça à la fois, qu'il vente, qu'il pleuve, ou qu'il ait du soleil, qu'il fasse jour ou nuit, hiver ou été, seul ou accompagné!
Alors, vous imaginez qu'on est loin de cette joie de vivre! (Chez nous, on peut voir ce genre de clichés dans les stations balnéaires, quand il fait beau, quelques mois de l'année!)
Par contre, il est tout à fait possible (comme à Londres) de monter son vélo dans les trains de banlieue). En France, il faut attendre certains trains pour cela!!! Ceci me semble déplorable!
Concernant l'idée sur le vélo pliable, c'est pas pour tout le monde!!!
Un pliable c'est super onéreux!!! (De 400 à 1500 euro quand même!) En plus, on est pas au port de St Tropez non plus, en plein soleil avec un panier sur le vélo pour aller faire son marché. Soyons réaliste, les vélos pliants ne sont que des vélos d'appoint avec lesquels on ne peut pas faire toutes sortes de trajet.
Ensuite, si on monte en bus, ok! Mais, il faut pouvoir aussi redescendre en bus, ce qui est difficile à certaines heures du jour et de la nuit.
Parce qu'en effet, je ne vois pas comment descendre la grande avenue qui mène à Rouen par la gare en pliable!?! Perso, je le fait avec un VTC, et franchement, je ne me vois pas la descendre avec un pliable.
Concrètement, je ne vois qu'une seule chose: changer de mentalité! ... et le reste suivra!
Cordialement,
Clô!