Grève générale
Par JG3089-GANDI le mercredi 28 janvier 2009, 00:58 - Le billet de l'actualité - Lien permanent

Camarades, il y a en France une droite et une gauche. Il y a ceux qui
prétendent miser sur la valeur individuelle (qui n'est que la reproduction de
la caste, du bonus social accordé à des rejetons parfois incertains, dopés à
coût d'écoles privées à la valeur tout aussi incertaine) et ceux qui se battent
pour que tous les incertains retrouvent des certitudes. Le discours de la
méritocratie est discours non seulement hypocrite, mais terroriste. Il est si
facile de gagner la course lorsqu'on est formaté depuis l'enfance pour la
gagner. : "A vaincre sans péril, etc.."
Cette société est violente parce qu'elle est engendrée par la violence sociale,
par l'humiliation, la culpabilisation systématique des perdants. Parce que
l'espace laissé aux puissants s'amenuise, leur violence se décuple. Elle
s'exprime par le mépris. Pauvres de France, vous êtes la honte de la France.
Peuple de France, vous qui allez dire non le 29 janvier, vous êtes la honte de
la France. Peut-on raisonnablement faire grève en ces temps de chômage
technique ? C'est un paradoxe auquel le gouvernement va devoir faire face.
Nous serons ensemble la honte et l'honneur de la France le 29 janvier, sans
complexes.

Commentaires
Ah, j'ai bien compris l'exercice, mais avouez Jean François qu'il est rapide.
Les possédants à droite, les exploités à gauche, c'est un peu court quand même.Vous savez très bien que ce n'est pas aussi simple.
Et puis vous savez bien que dans le type de société dans laquelle nous sommes, on peut toujours dire "Non" et ne pas etre écouté si j'en crois un certain référendum de 2005 et sa copie au forceps du Traité de Lisbonne.
Et vous savez bien aussi que la problématique de caste ne se réduit pas qu'au parti de l'omniprésident et de ses grotesques séides.On pourrait évoquer certains socialistes, donc, je crois qu'il faut être assez raisonnable et considérer qu'il n'y a pas qu'une partie de la classe politique qui défend jalousement ses intérêts, comme un syndicat de privilégiés, mais que le problème est largement plus étendu.
Pour le reste, je suis quand même d'accord avec vous.
A cette nuance près que vous ne mentionnez pas ( mais l'exercice du billet exige de faire court..) cette attitude malsaine , systématique, voire systémique d'opposer les français entre eux , vieux / jeunes, privé/fonctionnaires, usagers/cheminots, gentils otages (ça c'est pour demain)/ et méchants grévistes (ça c'est pour demain aussi).
Bon, rassurez vous Jean François , on peut avoir une culture politique différente de la votre et se pourlécher d'ores et déjà les babines devant ce que je souhaite être, moi aussi, un fort moment de mobilisation demain.
Pour commencer à dire Stop à ce césarisme autiste, qui va finir par nous faire dégouter le mot "réforme">.
Un proverbe allemand dit :
"Prince qui n'a pas d'oreilles pour écouter n'a pas de tête pour gouverner."
Nous saurons donc dés jeudi soir si nous sommes gouverner par un sourd..........., ou pas!
@Leonardo... Mais depuis longtemps déjà, le mot "réforme" est dégoûtant, repoussant... Quant au coup de gueule de notre ami Jean-François, il faut le prendre pour ce qu'il est. Un coup de gueule, une caricature, aussi, parce que sa position sociale fait de lui un de ces gagnants qu'il dénonce... Il se trompe aussi sur l'origine de la violence qu'il attribue toujours aux mêmes, alors qu'il suffit d'observer le monde pour voir que ce n'est pas aussi simpliste qu'il veut bien l'affirmer. L'opposition systématique que vous dénoncez, il la pratique sans complexe opposant les gagnants aux perdants, les gagnants étant les riches (les puissants), bien sûr et les perdants les pauvres... Sans nuance, manichéen au possible.
J'ai lu de meilleurs billets de sa plume...
@Jean-François... Votre métier n'est-il pas le fruit de votre parcours scolaire et universitaire, lui même ayant été porté par une méritocratie bien définie, qui n'est terroriste qu'à travers votre vision ? Votre position sociale aujourd'hui n'est pas tombée du ciel, ni par hasard, vous en avez pourtant le mérite. Je me demande quand même, vous lisant, ce qui vous pousse parfois à discourir de cette façon...
@ Jean-Pierre et Leonardo
Oublions "droite" et "gauche" et distinguons le camp de ceux qui exercent sur cette terre le "pouvoir" (économique, politique, religieux) et ceux qui le subissent. Oui, Jean-Pierre a raison, c'est un coup de gueule. Qu'est-ce qui m'y pousse ? La colère. La colère devant l'égoïsme monstrueux d'une poignée d'hommes (peut-être 0,01% d'une population dans un pays comme la France ou les Etats-Unis; cf Paul Krugman, prix Nobel d'économie), devant leur cynisme absolu (je ne parle pas, évidemment des petits ou moyens patrons de chez nous ou d'ailleurs, je ne parle pas des entrepreneurs sincères et courageux, je parle d'une oligarchie mondiale, celle de Davos, qui se moque absolument de nous). Colère aussi de constater que le système éducatif français est incapable de corriger les inégalités sociales, que l'ascenseur social est en panne et que je me borne à reproduire ces inégalités dans mon travail d'enseignant, voire à collaborer à leur aggravation, si l'on en croit des statistiques récentes sur l'accession des classes populaires à l'enseignement supérieur. Alors oui, la charge est un peu forte, mais elle pointe une réalité que décrit très simplement Krugman : 1/10 000e de la population accapare depuis 30 ou 40 ans la totalité de la croissance. Aux Etats-Unis, cette captation inique a été le fruit de la dérégulation reaganienne : si ces sommes colossales avaient continué d'être redistribuées selon le modèle des 30 Glorieuses, le niveau de vie des Américains aurait progressé de 30 % ! Lorsque je parle des riches, je ne parle pas du bon bourgeois de Saint-André, médecin, notaire, cadre supérieur... Je parle de cette oligarchie folle qui se verse des salaires démentiels (1 à 2 millions d'euros par mois.....) alors même qu'ils licencient leurs employés sans le moindre scrupule, sans la moindre humanité. Ces gens-là sont des monstres froids. Ils sont l'ennemi de l'espèce humaine. Et le pire est qu'ils se moquent même de notre colère. Ils ont le pouvoir et ils ont fini par se prendre pour des dieux. Voilà pourquoi je suis en colère, cher Jean-Pierre : c'est la colère de l'impuissance.
note :
"Numéro 1 des patrons français les mieux payés : Jean-Philippe Thierry. A la tête d'AGF Allianz, il a empoché 23.2 millions d'euros en 2007, soit 1.9 million par mois. Deuxième du classement du magazine «Capital», Pierre Verluca, le patron de Vallourec. Avec une rémunération en hausse de 32%, il a gagné 12.4 millions l'an dernier, quand le «profit de sa société augmentait d'à peine 8%», selon le mensuel économique. Gérard Mestrallet, le Pdg de Suez est sur la troisième marche avec un revenu annuel de 12.2 millions d'euros. Suivent Jean-Louis Beffa, le Pdg de Saint-Gobain (10.2 millions d'euros) et Xavier Huillard (10 millions d'euros), le patron de Vinci."
http://www.lefigaro.fr/patrimoine/2...
Voir aussi :
http://www.lefigaro.fr/patrimoine/2...
Vous voyez, Jean-Pierre, que je ne suis pas allé chercher dans la presse gauchiste...
A titre de comparaison, 1 million d'euro, c'est ce gagnera un salaire de 2000 euros mensuels en 41 ans d'activité... Qui pourra dire que dans une société démocratique de telles disparités sont justifiables ?
@Jean-François...
Je ne serais pas loin d'être d'accord avec vous sur certains points sauf qu'au bout du compte et sans vouloir être cynique ou quoi que ce soit, si nous distribuions les 23,2 millions de Jean-Philippe Thierry aux 60 millions de français que nous sommes, nous serions, chacun d'entre-nous, plus riche de 39 centimes d'euros... La belle affaire. J'imagine, de plus, que ce qu'empochent ces gagnants est pour une part (que j'espère importante) soumise à l'impôt...
Bonne soirée. À vendredi... :-)
OK, sur cette ligne là, je ne peux qu' être d'accord avec vous.
Il y a une ligne de fracture évidente, qui fait que certains salaires dépassent non seulement l'entendement, mais qui, en plus, se heurtent à une réalité sociale de paupérisation ou de prolétarisation qui ne peut qu"engendrer conflit et incompréhension (légitimes).
Si j'ai contesté les notions de droite et gauche dont vous faisiez mention dans votre premier propos, c'est que je pense à peu près comme vous.La caste qui s'octroie ce type de rémunérations, ou ceux qui en vivent parallèlement, ne constituent , au mieux, qu' 1% de la population nationale, à tout casser.Ce qui est bien sur , très loin des rapports de forces idéologiques de la prétendue "droite" et de la "gauche".
On est plus, à mon sens, mais peut etre que je me trompe, dans un schéma noblesse-bourgeoisie-tiers état ((1%-30%-69%) ou les lignes de fractures se bousculent.Et ou s'estompent certaines lignes idéologiques de base, face à des situations, tout simplement révoltantes.
Cela pourra etre le mérite de ce début de crise (en attendant la vraie crise profonde qui va nous tomber dessus...) de remettre quelques compteurs idéologiques à zéro, et de revenir sur un certain nombre d'idées qu'on croyait bien acquises et qui ne se révèlent étre que de ce vent dont on fait les tempêtes.
Jeudi s'annonce comme un jour de grève générale... des fonctionnaires:
RATP
SNCF
DGAC
EDUCATION NATIONALE
EDF GDF
IMPOTS
POSTE
METEO
POLE EMPLOI
AUDIOVISUEL PUBLIC
MAIRIE DE TOULOUSE
....
Toutes ces catégories ont un point commun. Alors que la crise mondiale va affecter durement l'emploi salarié en France, les fonctionnaires, nantis de la sécurité de l'emploi et d'avantages catégoriels, ont l'indescence de défiler dans la rue pour réclamer encore plus de pognon, ou la préservation de je ne sais quel privilège. Fonctionnaires aigris, rejoignez le privé si vous n'êtes pas heureux dans votre métier !
Les autres, nous les pauvres contribuables qui finançons toute cette masse de fainéants, nous nous lèverons encore plus tôt que tous les jours. Il nous faudra une nouvelle fois nous débrouiller pour faire garder nos enfants, pallier à l'absence de transports en commun, ou patienter dans les bouchons engendrés par les piquets de grève.
La grève générale est devenue le principal fantasme du PS depuis que ce parti a été écarté de la gestion du pays. Pardon, j'ai omis la gestion de la voirie municipale et des tramways !
Parti archaïque et désuni, le PS espère retrouver un peu de légitimité en s'appropriant les mécontentements du moment. Une motion de censure, aussi bidon qu'opportuniste, n'aura sans doute pas abusé les français. La lutte des classes est depuis longtemps dépassée, et une crise profonde ne se règle pas en jetant l'argent du contribuable par la fenêtre.
Jean-Jaurès doit se retourner dans sa tombe en observant ses descendants socialistes.
"Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. "
"Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues."
"Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."
Jean Jaurès
"Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."
Jean Jaurès
Tres belle cette dernière phrase , Pino..
Je vous invite d'aileurs à la méditer au regard de vos propos précédents.
Vous voyez, moi, je suis pas de cette gauche là qui nous héberge sur ce blog, avec courtoisie.
Mais quand je vois traiter les fonctionnaires de fainéants, comme vous le faites, j'ai comme un haut le coeur.
Le coup de la France qui bosse alors que l'autre glandouille, je vais vous dire," Pino, simple flic", ça me fait gerber.
Cette haine de classe va finir par me convaincre de relire Marx.
Par les temps qui courent, je finis par me demander si cela ne serait pas utile.
@Leonardo. À coup de gueule, coup de gueule et demi... Pas facile de se parler, à force d'invectives... Et pourtant, ça ne serait pas inutile.