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Une révolution est à la vie politique ce qu'un séisme majeur est à la vie de la terre. L'événement est inéluctable sur le long terme, mais difficilement prévisible sur le court terme. On sait que cela arrivera, mais on ne peut pas dire quand : demain ou dans un siècle ? Pour les risques majeurs, il existe des PPR (plan de prévention des risques), mais ils ne concernent que les caprices de la nature, pas la colère des hommes. Contre elle, des bataillons de gendarmerie supplémentaires auront autant d'efficacité que des pieux de bois contre une coulée de lave. Et une jeunesse qui connaît un taux de chômage supérieur à 50% est bien pire qu'une coulée de lave. Ce qui m'étonne, dans cette affaire, c'est le silence des indépendantistes. Serait-elle impossible, cette indépendance ? Il semble que oui. Mais qu'est-ce le contraire de l'indépendance qui ne serait pas dépendance ? Autonomie et développement ? Il y a un potentiel économique, mais confisqué par 1% de la population. Le problème des Antilles n'est pas colonial, il est social.