Guadeloupe : un engrenage malsain.
Par JG3089-GANDI le mercredi 18 février 2009, 23:46 - Le billet de l'actualité - Lien permanent

Une révolution est à la vie politique ce qu'un séisme majeur est à la vie de la terre. L'événement est inéluctable sur le long terme, mais difficilement prévisible sur le court terme. On sait que cela arrivera, mais on ne peut pas dire quand : demain ou dans un siècle ? Pour les risques majeurs, il existe des PPR (plan de prévention des risques), mais ils ne concernent que les caprices de la nature, pas la colère des hommes. Contre elle, des bataillons de gendarmerie supplémentaires auront autant d'efficacité que des pieux de bois contre une coulée de lave. Et une jeunesse qui connaît un taux de chômage supérieur à 50% est bien pire qu'une coulée de lave. Ce qui m'étonne, dans cette affaire, c'est le silence des indépendantistes. Serait-elle impossible, cette indépendance ? Il semble que oui. Mais qu'est-ce le contraire de l'indépendance qui ne serait pas dépendance ? Autonomie et développement ? Il y a un potentiel économique, mais confisqué par 1% de la population. Le problème des Antilles n'est pas colonial, il est social.

Commentaires
Qu'est-ce que vous entendez au juste par "potentiel économique confisqué" ?
Si on ne parle pas d'indépendance, c'est que c'est dans la stratégie du front uni de monsieur Domota... mais les indépendantistes sont bel et bien de la partie, il me semble...
Bonne journée
Moui...Je ne suis pas sur qu'il soit "que" social.Quand 1% de la population descendante des colons détient la maitrise d'une économie, on passe très vite du schéma social au schéma racial. Quand le LKP, via son représentant, dit que les autorités sont venues"casser du nègre", je pense qu'on dépasse le seul cadre "social".
Je pense comme Jean Pierre que les indépendantistes, sont donc de la partie, mais bon, voila, c'est pas une surprise.
Ce qui m'étonne plus, sur la distance, c'est que l'état français n'ait pas plus investi dans ces territoires stratégiques pour développer dans cette partie du monde des relations commerciales fortes avec ses voisins, et ai contribué à maintenir, Guadeloupe et Martiniqe, dans cet état d'assistance dont on voit les résultats aujourd'hui, à la crise venue.
Il y a de quoi là, nouer des relations commerciales fortes pour peu qu'on s'en donne les moyens.Au lieu de ça, on se contente de quelques visites électorales, une fois tous les 5 ans, et le reste du temps, on laisse les touristes améliorer les fins de mois de l'économie locale.
Tout en n'impulsant pas la diversité économique locale.
On ne fait que récolter ce qui a été semé depuis trop longtemps.
Bonsoir,
Pour le cas ou vous n'auriez pas eu connaissance du "manifeste pour les produits de haute nécessité" rédigé par des écrivains et intellectuels antillais. : "poétique" du soulèvement de la société guadeloupéenne, anticipation post capitaliste, culture... très beau texte
http://www.caribcreole1.com/news/ma...
« Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos " présidents locaux " pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, toute
victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond pardessus
nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs. »
C'est bien dit, mais on dirait que la réalité est toute autre.
« Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré
(d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les
ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son
sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait,
au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple "
emploi ", et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de
nos jours. »
Il faudrait dire ça aux serfs du moyen âge, aux grands parents des actuels guadeloupéens, aux travailleurs du goulag, aux chinois de Mao déportés qui trouveraient probablement le travail dans la société capitaliste d'aujourd'hui un peu plus épanouissant qu'à leur époque...
Bref, ces messieurs, car aucune dame ne s'est glissée parmi les signataires aspirent donc à une société "post capitaliste" sans toutefois nous dire de quoi elle serait faite. Le savent-ils eux-mêmes ? Au fond j'en doute, à lire cet opuscule.