DCB & Edgar Morin : réflexions
Par JG3089-GANDI le jeudi 28 mai 2009, 22:54 - Européennes - Lien permanent
Dialogue entre Daniel Cohn Bendit et Edgar Morin, dont Nicolas
Sarkozy avait tenté de capter le concept de "politique de civilisation". Je
retiens l'insistance d'Edgar Morin sur l'impasse que constitue la croyance en
une solution "technique" aux enjeux de civilisation qui sont devant nous (c'est
à l'inverse la thèse de Claude Allègre, qu'on nous promet dans un futur
gouvernement Fillon 2). En cela, il renoue avec les bases de l'humanisme qui
croyait en l'homme plus qu'en la technique, cette croyance technicienne étant
en réalité le fait du XVIIIe siècle, des Lumières, de l'Encyclopédie et des
prémices de la Révolution industrielle.
Cette obsession du "toujours plus" est le fruit de la notion de "progrès"
(concept du XVIIIe siècle) : pertinente durant l'ère industrielle
(1800-2000), elle montre aujourd'hui ses limites. Le progrès actuel est
technique, il n'est plus que cela. Mais il nous a fait oublier en chemin cet
autre concept fondateur des Lumières, que seuls les Américains ont eu
l'ingénuité d'inscrire dans leur constitution : le droit au bonheur.
Or le bonheur, contrairement au progrès, ne relève que de l'humain. Le progrès
est essentiellement affaire de technique, le bonheur non. Contrairement à ce
que, par exemple, cherche à nous faire accroire la publicité pour les
automobiles. Le problème est que les vendeurs d'objets ont fini par nous
convaincre qu'il n'y a plus de bonheur possible sans technique. Je posais ce
matin cette question simple à des jeunes de 18 ans : "Envisagez-vous une
vie sans portable ?" Inutile de vous donner leur réponse.
Il ne s'agit pas, comme le disait le parti communiste à l'époque de Georges
Marchais, de vouloir revenir à la lampe à pétrole (un slogan qui a fait flores
à l'époque) mais de revenir à cette idée simple que les outils ne sont que des
outils. Lorsque l'outil devient totem, c'est que nous en avons perdu le sens
premier.

Commentaires
Je me demande cependant si les vendeurs d'objets ne convainquent pas, la plupart du temps, que des convaincus... et puis, le progrès n'est pas qu'affaire de technique ou de technologie. L'acquisition de savoirs entre aussi dans la farandole du progrès, non ? Enfin, le bonheur, ça se discute... :-)