Jean-Louis Etienne essayait cette comparaison sur une radio nationale le 26 novembre 2009 : 85 % de l'énergie que nous utilisons va disparaître d'ici la fin du siècle, c'est un peu comme si l'on savait d'avance que notre système sanguin va cesser de remplir sa fonction.

Nous savons ce que nous lui devons, et nous avons à imaginer un corps-monde sans lui. Nous ne sommes qu'une infime partie de ce corps-monde, et pas sa tête pensante. Faut-il attendre que ce vieux corps pense pour nous, ou bien lui envoyer dès aujourd'hui les signaux d'alerte nécessaires pour qu'il amorce sa mutation sans quoi il mourra ? Et nous avec lui.

Copenhague envisage une solution globale, une mutation imposée par le haut. C'est une démarche utile et nécessaire, mais terriblement improbable. Si la mutation ne vient pas de la base, elle ne fonctionnera pas. La base, c'est quoi ? C'est chacun de nous, mais il est illusoire de croire qu'une fédération d'initiatives individuelles suffira à inverser la donne. Il est aussi injuste de faire peser la responsabilité historique et collective sur chaque individu pris isolément. Il existe toutefois des collectivités dites territoriales, dont la cellule de base, en France, est la commune. Ces communes sont étranglées, asphyxiées, et bientôt paralysées. La tentation est donc grande pour elles de renoncer et de se contenter d'expédier les affaires courantes dans une marche du monde qui les dépasse et les oublie.

C'est pourtant localement que l'on pourra redonner un sens à ce combat global. Pas ailleurs.