En effet, Monsieur Sanchez a pris il y a peu des positions opposées sur nombre de sujet : - Il avait transmis au Préfet ses réserves concernant le périmètre de classement des Boucles de la Seine, alors même qu'il est urgent d’avoir une conception ambitieuse de la préservation des zones humides, et au moment où chacun prend conscience du drame lié à une urbanisation irraisonnée sur des terres inondables. - Est-il par ailleurs nécessaire de rappeler le soutien de F. Sanchez au projet de contournement Est, dont le tracé entrainera la destruction d’un milieu naturel sensible, la Coline Saint Adrien, classée zone Natura 2000 ? - Enfin Monsieur Sanchez conduit une politique de développement économique qui consiste à réaliser des zones d’activité en périphérie, sur des terres agricoles et des milieux naturels que les écologistes dénonçaient encore au dernier Conseil de CREA.

Concernant ses récentes déclarations dans la presse, il est fort choquant que Monsieur Sanchez regrette les « seulement 10% du territoire de la CREA aménagés ». En effet, la priorité pour notre agglomération est de reconstruire la ville sur la ville et non pas d’urbaniser de nouveaux espaces.

Ensuite, Monsieur Sanchez met en avant la nécessité de « renforcer l’accessibilité à la nature ». Or, si les écologistes sont favorables à un développement du tourisme vert, il ne faut pas perdre de vue que toute activité humaine a un impact sur l’environnement et la biodiversité. La priorité n’est pas de transformer les milieux naturels de la CREA en parc d’attraction mais bien au contraire d’intervenir pour sauvegarder les milieux menacés en réparant, restaurant mais aussi en limitant l’activité humaine dans ces milieux sensibles. Enfin, Monsieur Sanchez, cite l’éco quartier Flaubert comme un exemple concret de préservation de la biodiversité. Il n’est pas certain que l’exemple soit bien choisi. Il serait même prudent d’attendre avant d'attribuer fièrement le "label éco" au quartier Flaubert. Au préalable, il faudra s’assurer de l’absence de risques industriels, régler la question de la pollution des sols, s’assurer que les espaces extérieurs ne soient pas recouverts de bitume, et qu’enfin les espaces verts -s’il y en a- ne soient pas privatisés mais bien accessibles au public. Autant de points qui aujourd’hui sont loin d’être acquis.

En effet, la première réalisation concrète prévue pour cet "l’éco-quartier" est l'aménagement d'un parking de surface sur les quais, à coté du hangar 106... Curieuse vision de la biodiversité que celle d'un parking de voitures pour assurer la liaison entre la Seine et le quartier Flaubert. Il faudra enfin bien plus qu’un parc paysager sur la presqu’île Rollet pour affirmer que le quartier Flaubert est un « éco » quartier et qu’il contribue à préserver la biodiversité de la CREA !

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es en appelle à l’esprit de responsabilité. La politique d’environnement de la CREA ne peut se réduire à une stratégie de communication et doit s’incarner dans des projets à la hauteur de l’ambition d’éco-communauté affichée par son Président.

Cyrille Moreau, Président du groupe des élu-es Verts et apparenté_es de la Communauté Rouen-Elbeuf-Austreberthe